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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 21:37

 

J'avais garé ma voiture au parking du Cultura de la Croix Blanche, zone industrielle renommée pour ses embouteillages du week-end, avec la conviction naïve de faire une bonne affaire en ces périodes de soldes.

J'avais déjà dépassé les gondoles du disquaire , où dominait la promotion d'un album "Toujours Torché" ou "Qui a bu boira", je ne sais plus, piétiné un exemplaire du dernier volet de 50 nuances de foutre qui traînait au sol, pour m'arrêter, Ô surprise , au rayon dvds/blu-rays.

Là, je passai devant le rayonnage "westerns", ma petite madeleine de proust.

Mon attention fût vite attiré par un blu-ray issu de la collection « Western de légende » dont on retrouvait plusieurs chroniques sur le blog de Bertrand Tavernier, grand admirateur du genre, et très actif dans ce domaine puisqu'il a permis d'éditer chez Acte Sud plusieurs romans de western. A l'heure actuelle,  j'ai un Burnett à lire , que j'espère à la hauteur de LA LOI A RANDADO, d'Elmore Leonard, formidable roman où des notables s'auto proclament procureur et juge, puisque le comté faisant autorité se trouve à plusieurs centaines kilomètres de là.


Ayant toujours eu une sympathie pour CHarles Bronson ( Mr Majestyk étant un de mes films fétiches), malgré une carrière en dents de scie, et sur la foi d'une collection qui avait une caution qualitative, j'achetais les yeux fermés. Plein pot.

Pour une raison qui m'échappe depuis, j'avais décidé de m'envoyer les bonus avant de voir le film: Un commentaire vidéo de Patrick Brion, encyclopédie du cinéma à qui on doit de beaux ouvrages ( sur Clint Eastwood , notamment, et le western); et un autre du réalisateur Yves Boisset, auteur de l'impayable CANICULE.
J’ai été surpris: Patrick Brion remet le film dans son contexte pour nous avertir de sa… médiocrité, pas du tout représentative de Sturges, le réalisateur du film.
Même chose pour Yves Boisset.

En gros: "ce film n'est pas digne de John Sturges. C'est vraiment moyen."


Pourquoi l’avoir édité dans cette collection si c’est pour affirmer sa médiocrité? a contrario de la jaquette bien entendu: "robuste et sensible" qu'elle disait !
Malgré tout, j’ y ai trouvé un peu de plaisir à ce western , peut être grâce à une excellente bouteille de Château Neuf du pape.
D’abord j’aime bien toutes les premières scènes où Bronson/Chino prend le gamin sous son aile. Notamment son arrivée, de nuit, tandis que Chino fait cuire une côte de boeuf.
Bronson a un côté touchant,sensible… le film se risque de frustrer puisque son personnage principal renonce à tout, baisse les bras: assez étonnant dans un film avec C. Bronson . Belle musique ( et belle chanson), jolies séquences extérieures notamment avec ses chevaux sauvages, quelques échanges virils (comprendre: bourre-pifs) plutôt bien filmés rattrapent un peu certains choix gênants voire risibles:le casting des pseudo apaches du film , ou la séquence très subtile où Bronson et Jill Ireland ( aussi mauvaise actrice que jolie) voient des chevaux copuler, ce qui semble les motiver pour batifoler dans les hautes herbes.

Bref, un "western de légende" pas vraiment légendaire, à peu près méprisé par tous ( et par son réalisateur lui-même), et pourtant, un petit côté attachant.

Malgré tout, je voulais comprendre pourquoi l'éditeur avait choisi le film, aussi je toquais à la porte (virtuelle) de Bertrand Tavernier , via son blog.

A Jérémy B. : Sidonis a pris de nombreux films que j’avais signalé comme médiocres, voire nuls. Je refusais de participer aux bonus. Et certains ont marché. Quand même le film est ultra routinier et Jill ireland…

Et c'est ainsi que je compris que trois points de suspension avaient autant de force qu'une diatribe.

 

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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 07:58

 


Jim Harrison devient lentement mais sûrement un de mes auteurs favoris. Dans l'attachement, il côtoie sans peine Stephen King; bien qu'un gouffre sépare ces deux auteurs.
Pourtant, je me reconnais en eux pour l'amour de leurs personnages, une certaine authenticité, un attachement à décrire l'individu au sein d'une communauté, sa place. Ce sont souvent des cols bleus, des travailleurs, avec des soucis qui s'arrêtent aux traites à payer, à la vie de famille , et à des travers assumés ( l'alcool notamment).

Si Stephen King part ensuite d'un élément fantastique pour nourrir son récit, nous tenir en haleine et respecter une vraie intrigue ( qui motive une adaptation au cinéma); Jim Harrison va tout faire pour s'y détourner.

Dans Grand Maître, il décrit le quotidien de Sanderson, un flic à l'orée de la retraite, qui s'accroche à sa dernière enquête: arrêter le gourou d'une secte qui profite de son aura pour détourner des mineures.
Sanderson est un type comme on n'en fait plus, un peu dépassé par son époque, et surtout il dit ce qu'il pense, irrévérencieux , surtout quand il a un petit coup dans le nez, un travers qui lui a permis de refouler son angoisse quotidienne.
Si vous comptez dévorer un polar riche en rebondissements, avec des poursuites toutes les 20 pages façon Harlan Coben et des dramas pour ménagères ménopausées passez votre chemin.
Sanderson va en fait profiter de son enquête pour trouver les meilleures rivières à truites, découvrir les meilleurs restos de la région , et s'adonner à la lecture de son genre favori; les récits historiques, le personnage étant très concerné par le génocide Indien.

Ce livre donne la fringale sans non plus se complaire dans la description ( ce n'est pas le Ventre de Paris de Zola!). Un petit paragraphe sur une belle cote de boeuf grillée à la poêle, quelques pommes frites donne l'eau à la bouche.

L'inéluctable climax de fin ( la traque et l'arrestation du "Grand Maître") est volontairement sabordé avec malice dans la séquence de poursuite la plus pitoyable qui soit.
Drôle, généreux, gourmand , un livre parfaitement recommandable.

 

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Published by Hush - dans Livres
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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 07:20

Je vais être succinct pour avril: je n'ai pas vu grand chose, et hormis la fin de la saison 2 de BETTER CAUL SAUL ( que j'ai beaucoup aimé), rien ne m'a particulièrement marqué.

 

L'EVEIL (via netflix) de Penny Marshall est un film touchant ,narrant l'histoire authentique du Dr Sayer qui par le biais d'un nouveau traitement miracle, parvient à sortir de leur léthargie des patients subissant les séquelles d'une encéphalite, dont Léonard Lowe (Robert DeNiro) devenu mutique depuis ses 10 ans.

Le film vaut essentiellement pour le jeu de ses deux formidables comédiens, DeNiro qu'on pourra cyniquement qualifier de rôle à oscar ( il sera d'ailleurs nominé) , bien que contrairement à Sean Penn, il ne force jamais l'émotion, ni dans ses moments léthargiques, ni dans ses phases de réveil.

Robin Williams, tout en sobriété aussi, campe un remarquable médecin, très à l'écoute de ses patients, faisant preuve de beaucoup de compassion; mais aussi très réservé, malhabile pour nouer des relations dans sa vie privé. J'ai l'impression parfois de voir quelqu'un atteint du syndrome d'Asperger, ou peut être que ce sont tout simplement des facettes de l'acteur qui se retrouvent dans le personnage.

A noter l'apparition fugace de Vin Diesel, dans son premier rôle au cinéma.

On passe à un autre genre avec SOLDAT CYBORG de George Elanjian Jr (1990).

Comme on peut s'y attendre, gros nanar, assez rigolo, très très mal joué, un énorme monstre en caoutchouc, des effets gores de temps à autres pour réveiller son petit monde, et un méchant en roue libre à la fin du film.

 

Douche froide en revanche pour le très estimé UN CONDAMNE A MORT S'EST ECHAPPE de Robert Bresson, pourtant cité comme exemple par Alfonso Cuaron pour Gravity.

Bresson se voulait minimaliste, reproduire les faits sans artifice, avec sincérité.

Je suis tout à fait d'accord avec cette volonté, d'autant que le genre s'y prête: on suit le quotidien d'un condamné sous le régime de Vichy. Jour après jour , il élabore son évasion future.

Malheureusement, Bresson va déployer tous ses efforts pour neutraliser l'émotion, malgré une belle mise en image, précise, servie par une belle photo. La voix off monocorde de l'acteur principal déjà; qui paraphrase ses gestes ( syndrome dit "Sin City" de Rodriguez, film que j'avais détesté pour la même raison).

Le sous titre, mis en exergue dès le générique " le vent souffle où il veut" semble vraiment appuyé.

Ensuite, la note d'intention du réal, en surimpression:

 

 

Vous avez de la chance, ce photogramme est de meilleur qualité que le dvd visionné: je n'arrivais pas à lire le texte.
Heureusement le dos de la jaquette m'a aidé.

Bref ce genre d'intention sur-affichée, me semble presque être une posture à la limite de l'honnêteté, un mensonge intellectuel: on se veut réaliste, presque aussi pur qu'un documentaire, mais souvent ça sonne faux. Artificiel.

Or, quoiqu'on fasse, le cinéma ( et tous ses genres, le documentaire y compris) sera toujours un mensonge 24 images/seconde.
Si dans l'ensemble, j'ai été plutôt happé par le film ( c'est un genre infaillible aussi), quel dommage ce refus de donner plus d'émotions, ce ton neurasthénique général... Le mec attendrait les résultats de son bac , il réagirait pareil.
J'apprécie le choix de la mise en scène factuelle, avec beaucoup d'inserts sur les gestes, les détails, mais franchement, le rythme indolent gâche un peu le film, avec des  entrée de champs interminable!

On voit ainsi une portion de décors. On entend des bruits de pas.
Les bruits de pas s'arrêtent.
Et puis il reprennent.
Et là, le personnage principal entre dans le champs.
Alors je sais qu'il a inspiré Cuarron pour Gravity, que dans les bonus, Bruno DUmont loue le film ( et engueule le spectateur qui cherche à jouir trop vite, il conclue le bonus avec cette remarque). Que son interprète principal, François Letterier ( papa de Louis!) s'exaspère que le film ne soit pas découvert au cinéma, et que le dvd c'est le mal, et c'est pire pour ceux qui vont voir ça sur un smartphone (mais je doute que ceux qui regardent des films sur un smartphone se mate un Bresson).
Oui, c'est un cinéma respectable, dont on peut apprécier certaines idées et théories.
Mais si l'émotion est absente, moi, ça m'emmerde.


D'ailleurs, je reprends les propos de Claude Lelouch, ( qui ne sauve que ce film de sa filmo d'ailleurs).
Ses films seraient supportables si on y faisait rentrer un peu de vie, si les gens parlaient juste, s’il se passait quelque chose, si les personnages souriaient de temps en temps, s’ils ne faisaient pas systématiquement tout le temps la gueule.»

 

Quant à GONE BABY GONE, premier effort de Ben Affleck , il m'a totalement laissé indifférent.

Pourtant adapté de Dennis Lehanne, le film pâtit de par son duo de détectives vraiment fadasse dans le film ( bien que très attachant dans le roman "Un dernier verre avant la guerre). je n'ai pas cru au couple Casey Affleck et Michelle Monaghan.

CAsey Affleck est d'un mou... peut être dû au végétalisme du comédien.

 

 

 

Published by Hush - dans Films
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7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 07:15

Je Dois Tuer (dvd) de Lewis Allen (1954)

Black Hat (dvd) de Michael Mann (2015)

DeadPool (ciné) de Tim Miller 2016

The Revenant (ciné)Alejandor Gonzalez Inarritù (2015)

St Amour (ciné) de Benoît Delépine et Gustav Kervern

La Mort aux trousses ( ciné) d'Alfred Hitchcock (1959)

Pee Wee's Big Holiday (netflix) de John Lee (2016)

The Amazing Spider-Man (netflix) de Marc Webb (2012)

The Murderer (netflix) -Na Hong-Jin 2011

Babel (dvd)-2006 Alejandor Gonzalez Inarritù

21 Grammes (dvd)- 2003 Alejandor Gonzalez Inarritù

Amours chiennes (dvd) -Alejandor Gonzalez Inarritù

Légendes d'Automne- d'Edward Zwick 1995 (netflix)

Valhalla Rising-2009 Nicolas Winding Refn (netflix)

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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 10:16

Récap des films vus en février: 14 films seulement et malheureusement, rien qui m'a retourné le cerveau. Peu de films nuls ( car certains sont sympathiquement nuls: Breaker! Breaker! avec Chuck Norris, c'est naze, mais je ne me suis pas fait chier non plus, ça appartient à son époque, et mon cerveau s'est calibré à l'avance), pas mal de bons films... Mais de là à me toucher, me marquer profondément....

Revue de détails express!

LES HUIT SALOPARDS de Quentin Tarantino (2015) Une bonne surprise dans le mesure où je n'aime pas vraiment la proposition de cinéma de Tarantino.
Comprenons-nous bien: Il a un enthousiasme communicatif, on kiffe la même essence de cinéma. Je lui ai toujours reconnu un immense talent, mais ce qui ne me plaît pas est plus d'ordre moral, même si ça fait un peu catho de dire ça. Par exemple, dans Les Huit Salopards , on retrouve un exemple typique de ce qui me gêne chez lui: lors de la confrontation Warren et le Colonel, et avec la finalité que l'on sait: aucun plan de coupe sur la réaction des autres personnages.
Alors qu'un climat de suspicion règne, voilà qu'à la première exécution ( de souvenance), personne ne moufte. Ca été difficile pour moi d'accepter qu'on ne montre jamais un plan de coupe sur le visage de Kurt Russel , qui est quand même le plus méfiant du groupe.
Non, on s'étire dans un monologue provocateur ( et à l'humour douteux, car je vois bien Tarantino se complaire dans cet apparté franchement limite), qui se termine donc par une balle dans la tête, qui n'aura jamais d'incidence sur la suite.

Dans Django , c'était vers la fin ( là le souvenir remonte à sa sortie, donc désolé si c'est confus) quand les proches des défunts proposent un café de façon guillerette alors que du jus de cervelle de leurs proches coule encore sur les murs.
Dans Boulevard de la mort, ce sont toutes les pétasses du film qui "finissent" Kurt Russel de façon outrancière , avec talon aiguille dans le crâne ( bizarrement j'ai plus de sympathie pour lui que pour ses victimes).

Bref, ce n'est pas une critique en soi, c'est juste une sensibilité qui ne me correspond pas; et ça me fait bien chier, car Tarantino s'attaque toujours à des genres que j'adore.
Dans les Huit Salopards, je regrette aussi le traitement sadique au personnage le plus "sympathique", ou en tout cas le plus honnête du film ( c'est le seul qui dit ce qu'il pense quand même).

Mis à part ça cet aparté ( qui est quand même long) j'ai bien aimé les Huit Salopards: superbe ambiance, un score génial, un décor aussi prégnant que celui de la base en Antarctique de The Thing ( auquel on rend hommage de façon appuyé).



CREED de Ryan Coogler (2015) Plutôt pas mal, grâce à Sly. Le seul gros bémol, c'est que je suis moins attaché à Creed, très bien interprété d'ailleurs. Pour un film surfant sur la vague des séquelles/remakes déguisés, c'est plutôt pas mal. Ce film n'a pas la même force qu'un Rocky Balboa, c'est moins personnel, on est dans l'hommage respectueux. Voir un héros de saga combattre un cancer, dans des plans qui ne font pas l'impasse sur ses aspects les moins glamours ( perte de cheveux, nausées...) fait quand même son effet.
Surtout sur un hypocondriaque comme moi.

JACKIE CHAN DANS LE BRONX Stanley Tong (1995) . Le deuxième Jackie Chan que je vois, après son film co-réalisé par Tsui Hark et Ringo Lam (dont je n'ai plus de souvenirs). Si j'ai tiqué sur des trous béants dans le scénario ( ou le montage), il y a de ces morceaux de bravoure qui m'ont vraiment soufflé. Notamment dans l'entrepôt, où Jackie rentre dans un caddie, en ressort, le jeu des bouteilles de bière sur le billard...Je sais qu'il a exécuté des trucs encore plus dingues dans d'autres opus... Bref, je ne pensais pas que ça me divertirait autant, je suis passé à côté de sa carrière et je me laisserai bien tenté par la crème de la crème de sa filmo.


THE HITMAN d'Aaron Norris (1991). Un film qui m'a amusé, même si c'est raciste ( mais bon, de la part de Mémé et Yoyo...), très très con, et encore un final où le méchant se fait exploser. Maté à la suite de Fifty Fifty, on se dit que le studio avait de la suite dans les idées.

 

METAMORPHOSIS -The Alien Factor de Glenn Takakjian (1993). Déjà commenté ce film de série B limite Z. Pas désagréable, avec quelques effets gores et du stop motion qui sent bon l'artisanat. C'est malheureusement très mal joué, très mal écrit mais je ne peux pas être méchant, toute l'équipe technique s'est visiblement démenée pour en faire quelque chose qui soit digne.


FELON de Ric Roman Waugh (2008). Bon petit film de prison, dominé par Val Kilmer, qui impose par son charisme. Un usage un peu pénible du "tremblé" façon documentaire , mais le réal a très bien dirigé son casting, les personnages sont crédibles, je suis rentré dedans... c'est l'essentiel.

 


L'HOMME DE L'ARIZONA de Budd Boetticher (1957). très grosse déception. Randolph Scott est le pire acteur de western possible. Pourtant j'avais adoré COups de feu dans la sierra , l'année dernière . Il fait chier dès qu'il est dans le cadre. Ca arrive chez certain.
Comme Charles Berling.

FILATURES de Yau Nai-hoi (2008) Un film qui a la saveur d'un Johnnie To, avec beaucoup d'acteurs issus des films de Johnnie To (c'est d'ailleurs lui qui produit), qui reprennent d'ailleurs les archétypes d'un film comme Mission (Suet Lam, notamment, qui passe encore le film à bouffer des cochonneries). C'est un exercice de style plaisant, reposant en majorité sur des séquences de ... filatures, mettant en valeur la ville, la faune et l'ambiance , le tout dans une vague trame criminelle. Malgré tout, je prèfère encore la vision de To ( pour le peu que j'ai vu de lui), qui arrivait à provoquer une émotion, là où Filatures reste à la surface des choses.
Par exemple, une scène de voyeurisme met en suspension une tension entre deux personnages, il y a une apparté "légère", un peu comme la scène de foot improvisé dans Mission ( qui est avec Vengeance, le seul To que j'ai vu). Ca n'a malheureusement pas le même impact. Et ça cristallise un peu mon sentiment sur le film, "bien sans plus".



BREAKER !BREAKER! de Don Hulette (1977). Un Chuck Norris jeune premier ( c'est à dire 37 ans), dans ce que j'aime le moins aux States: le culte des routiers, la country, mais avec une (très vague) histoire de repli communautaire d'une bourgade pratiquant l'autarcie. On pense très vaguement à un pitch de la Quatrième Dimension, via Richard Matheson , on pressent le potentiel ( avec un casse géré par un homme et son frère dégénéré, où on pourrait se débarrasser salement des visiteurs inopportuns), sauf que ça ne va pas au bout de son sujet .
Encore un film où je ne me suis pas fait chier.


CHEVAL DE GUERRE de Steven Spielberg (2011). Contre toute attente, j'ai été touché par cette histoire de canasson qui traversa la première guerre mondiale , passant d'un camps à un autre pour au final revenir au bercail. L'humanisme de Spielberg, les images qui parfois évoque le John Ford de La Charge Héroïque, ces instants sidérants, de pur cinéma (hélas!) où alliés et ennemis font une trêve pour dépêtrer le cheval des barbelés .

AVE CESAR! de Joel et Ethan Coen (2016). Sans doute la meilleure surprise du mois. Malheureusement je ne dispose pas des outils intellectuels pour en parler.

 



NETWORK de Sydney Lumet (1977) . Bien aimé, mais y a Faye Dunaway. Mon seul regret, dans la vie, c'est que je ne croiserai sans doute jamais son chemin pour lui mettre une baffe.
C'est pas bien grave, j'ai déjà broyé la main de Catherine Breillat. Depuis elle a fait un AVC. Elle a payé pour elle.


DIAMANT 13 de Gilles Béhat (2009). Qu'est ce que c'est nul! Malgré Depardieu et un décorateur visiblement très inspiré par le mot "délabrement", un film plombé par l'interprétation catastrophique d'Asia Argento, la présence d'Olivier Marshal en mode dépressif lui-même. C'est vraiment con, car visuellement il en jetait, Depardieu est très convaincant dans un rôle finalement pas si éloigné d'un Steven Seagal .

LES TORTUES NINJA de Steve Barron (1990). Peu de souvenirs. J'ai bu du vin bio à ce moment-là.

Published by Hush - dans Films
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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 20:20

Je ne compte pas Mission: Impossible Rogue Nation et Pound of flesh, déjà chroniqués.

 

AIGUIRRE LA COLERE DE DIEU  (1972)de Werner Herzog. J'ai été un peu déçu, malgré les conditions optimales pour le découvrir ( grâce au cycle des yeux fertiles, dans le cinéma Marcel Carné à St Michel sur orge). Un film de fou, avec des fous, tantôt grotesque, parfois métaphysique... je m'attendais à un vrai survival mais au final, Klaus Kinski amène le film vers autre chose. En fait , je ne sais pas si je suis déçu ou désappointé, ce qui n'est pas pareil. Je n'ai toujours pas réussi à prendre le recul et à analyser mon sentiment sur ce film. Bizarre.

SCARY MOVIE 1  (2000)des frères WAyans . Je l'avais déjà vu, je ne connais plus les tenants et aboutissants qui m'ont mené, avec ma femme, à revoir ce film. Sans doute parce qu'on n'avait pas d'autre comédie à se mettre sous la dent (et le catalogue Netflix étant assez chiche dans ce domaine). Certains passages continuent à me faire marrer, surtout tout ce qui concerne le flic débile mental ( Doofy je crois) et certains gags très axés cul, encore osé aujourd'hui ( la bite dans l'oreille, franchement!) Les parodies des succès ont pris un coup de vieux.

CARNAGE (2011)de Roman Polanski. J'ai bien aimé. C'est une pièce de théâtre à la base, mais remarquablement filmée ( ça glisse tout seul, rien de révolutionnaire en apparence, mais ne nous y trompons pas: entre les champs/contre champs, certaines ruptures dans le choix d'objectifs, Polanski n'a vraiment pas négligé sa mise en scène). Excellent casting. Même Christoph Waltz est très bien.
Au final un film sympa qui dresse bien le portrait de notre genre humain, à partir d'une simple anicroche entre deux gosses.

JUMANJI (1996)de Joe Johnston. J'avais vu le film à sa sortie, je devais avoir 13 ou 14 ans. Ca a été une bonne surprise de le redécouvrir. Un film bien plus cruel que dans mes souvenirs, voir très triste par moments. C'est surtout le triste constat qu'à une époque, le minimum syndical pour le divertissement familial était de ce niveau (Jumanji n'étant pas franchement salué par la critique à l'époque).
J'avais oublié que Robin Williams était méchamment poilu des mains .

LE TROISIEME HOMME (1948) de Carol Reed. Un classique du cinéma qui m'a fait chier. C'est beau, mais sa volonté de de tout filmer de traviole m'a plus donné un torticolis qu'une dévotion à ce parti pris audacieux. Je n'aime pas les personnages, et surtout , je déteste la musique. Sachant qu'elle est jouée mille fois en boucle, autant dire que je suis déçu. C'est con, j'avais acheté le blu-ray.

UN ETE MAGIQUE  (2012)de Rob Reiner. Le genre de bluette sentimentale qui pourrait faire fuir n'importe qui mais qui m'a conquis.
C'est léger, c'est archi vu, Morgan Freeman nous refait le coup du vieux sage handicapé mais j'ai marché.  La fibre mélancolico-nostalgique de Reiner est plus prégnante que jamais, mais sans une onde de drame. Ce film a la douceur d'un souvenir agréable de l'enfance, ce n'est que bienveillance et sérénité.

 

UNE VIE INACHEVEE (2005) de Lasse Hallström. J'ai presque aussi bien marché que pour le film précédent. C'est un peu moins sirupeux, on est plus proche de L'Homme qui murmurait à l'oreilles des chattes, y a Morgan Freeman qui refait son numéro du vieux sage ( et handicapé), Jennifer Lopez est bonne, et Robert Redford casse la gueule à un connard. Il est très bon dans ce rôle de père meurtri . Le film ne raconte pas grand chose, et Hallström n'a pas la délicatesse d'un Reiner ( il y a va avec des plans d'hélicoptère, des ralentis, de la musique mielleuse).

 

Morgan Freeman aime bien les chapeaux.

A noter que dans Un été Magique, il exhibe un ratelier flambant neuf.

 


POURSUITE d'Andrew DAvis. Un actioner oublié des années 90, tourné après le carton du Fugitif. Davis reprend les mêmes ficelles que le Fugitif. Il remplace Tommy Lee Jones par Fred Ward. Brian Cox joue le méchant. Et Morgan Freeman joue le rôle du vieux sage, d'un ambitieux fourbe, mais pas trop. En fait , son personnage est super mal défini. Il a aidé Brian Cox mais d'un autre côté trouve qu'il est allé trop loin. Keanu Reeves est tout pâteux.
Ca se regarde malgré tout, bonne musique de Jerry Goldsmith. Encore cette qualité minimale d'une époque révolue, qui sentait encore l'artisanat dans ses effets spéciaux. J'ai repensé à de vieux articles de la revue SFX, qui avait traité le film pour certaines de ces scènes.

 

 

Mr KLEIN (1976) de Jospeh Losey. Un film étrange sur un collectionneur d'art cynique , qui rachète à prix dérisoire des oeuvres à des juifs. Jusqu'au jour où la police le prend pour son homonyme, un juif abonné à la revue "informations juives" .
Comme en plus ça se passe dans le Paris occupé, on peut dire qu'il a la trouille, et met tout en oeuvre pour prouver, dans un premier temps, qu'il n'est pas ce mr Klein, qu'il n'est pas juif. Petit à petit , il endosse cette identité , dans une quête de lui même qui lui échappe.
Un film magnifique, qui parvient à capter l'ambiance délétère du Paris occupé, dominé par un Alain Delon impressionnant.


PIRATES (1986)de Roman Polanski. J'adorais ce film quand j'étais gamin. J'ai beaucoup pris de plaisir pendant sa première demie heure. C'est drôle, bourré d'idées, une authenticité visuelle jusqu'au moindre bouton de manchette. Ensuite, ça se gâte un peu quand on accoste dans l'Ile. Walter Matthau est impayable. Cris Campion beaucoup moins.

 

LES CONTES DE LA LUNE VAGUE APRES LA PLUIE (1953) de Kenji Mizoguchi. Un classique du cinéma Japonais que j'avais étudié plan par plan au lycée. Il me faisait un peu chier à l'époque, j'étais plus fan de Kurosawa, plus accessible. Aujourd'hui, je suis vieux et plus sensible à la morale du film; qui demeure toujours très beau, et enlevé.
Je préfère toujours Kurosawa, ceci dit.

LIBRE COMME LE VENT  (1958) de RObert Parrish. La meilleure découverte du mois! Un très bon western dominé par le jeu de John Cassavetes, inoubliable en jeune chien fou imprévisible, limite psychopathe , qui échappe au contrôle de son frère, le vénérable Robert Taylor. Très belles séquences en extérieur.

REBEL HIGH (1987)de Harry Jakobs.

Comédie improbable, totalement obscure, croisement entre le Collège Fou Fou Fou, Police Academy et les CHarlots.

Je connais l'existence de ce film par le plus grand des  hasards, en découvrant de façon fortuite, dans la poubelle de mon immeuble, plusieurs VHS : des films de ninjas, des Bruce Lee, des Bruce Li... Celui m'a tapé dans l'oeil. Faut dire que la jaquette:


Il y a quelques insultes en vf que je ne risque pas d'oublier ( "Bouffe tes crottes de nez, face de moule"), il y a des rôles féminins joués par des hommes, un des profs est un vieillard qui a un casque de soldat de la guerre de 14-18 (???)...
C'est naze mais j'ai regardé jusqu'au bout... A noter, dans le générique de fin, une voix off s'excusant de cette merde de film, mais qu'on n'est jamais à l'abri d'une suite...

 

DRAGON ROUGE de Brett Ratner. Nettement moins nul que sa réputation. C'est évidemment à des années lumières de la série Hannibal. Quant au film de Michael Mann, dont c'est le remake, on y pense assez peu en fait. Ca n'a aucune classe, tout est surligné au marqueur, pas de finesse, on évite la nuance... en fait, on est plus proche des romans d'Harris, qui a inventé un personnage et un univers marquants, mais est loin d'être un grand romancier. Je me souviens de moments très embarrassants dans le roman originel... des descriptions des effusions physiques entre Dolarhyde et la jeune aveugle ( je crois qu'il décrivait en longueur la fellation par ailleurs esquissée dans le film de Ratner. très différent de Michael Mann vous voyez...).
Reste un très beau score de Danny Elfman, qui réitère certains "trucs" de Hulk. Le main title est excellent.

 

FIFTY FIFTY de Charles Martin Smith. Un film produit par la cannon, avec Peter Weller et Robert Hays. C'est très con, mais on se marre! Des punchlines bas de plafond , du niveau du Temple D'Or ( autre monument de la cannon que j'aime beaucoup, qui a aussi un duo viril qui s'envoie des vannes à tout bout de champs). Généreux en action, même si ça se ralentit à un moment ( pour mieux reprendre plus tard.) Robert Hays parvient parfois à éclipser Peter Weller ( c'est une gageure). C'est absolument sans prétention, et le méchant finit explosé.

SOMETHING'S GOTTA GIVE de Nancy Meyers. Une comédie romantique pour femmes ménopausées. On y voit Diane KEaton a poil, Nicholson nique mais se fait prendre sa tension après, et Keanu Reeves a perdu du poids depuis Poursuite.
Bref, rien à signaler.

 

LA CHEVAUCHEE DES BANNIS d'André DeToth. Découvert l'année dernière donc, et déjà commenté il y a quelques temps. Il fait certainement parti de mon top 10 des meilleurs westerns. C'est visuellement un des plus originaux, on est à des années lumières des personnages de chez Ford, Hawks... peut être plus de Robert Parrish avec ces personnages un peu torturés, pas franchement sympathiques. D'ailleurs on dit souvent que les bannis du film préfigurent la Horde Sauvage de Peckinpah.

 

THE LAST PATROL de Sheldon Lettich (2000)

Une sorte de soap post apocalyptique ( d'ailleurs écrit dans ce sens par son couple de scénaristes, qui a été pensé d'abord comme un pilote de série tv) pas désagréable malgré l'étroitesse manifeste du budget.

Bien torché (hormis une explosion et un ralenti bien risible), avec une belle lumière ( Sheldon Lettich est décidement l'anti Barbarash), le film propose une belle alternative crédible à ce genre balisé dans les vidéos clubs. Grâce à des personnages secondaires parfois trucculents (le faux indien, le vendeur de lait contaminé à la sauvette) qui trouvent un équilibre avec le jeu distancié de Dolph Lundgren, qui me rappelle décidement énormément Boris Karlof. 

Finalement assez chiche en action, le film vire dans sa dernière partie dans un actioner de DTV assez convenu .

 

UN AIR DE FAMILLE  (1996)de Cédric Klapish.
J'avais déjà vu ce film, à sa sortie, donc ça date.
J'ai bien aimé, même si j'ai trouvé le film infiniment plus triste que dans mes souvenirs (oui, je sors les mêmes arguments que pour Jumanji, mais j'ai peu de vocabulaire).

Le personnage joué par Jean-Pierre Bacri m'a beaucoup touché. Tout ce chagrin mélancolique qu'il traîne, et cette espèce de lutte contre son fichu caractère qui le prend parfois par surprise.

Et ce sentiment que le temps passe à une vitesse folle:
Il faut dire aussi qu'Agnès Jaoui avait 32 ans au moment du film.
J'avais 13 ans à sa sortie (1996).
Désormais je suis plus vieux que le personnage d'Agnès Jaoui.

Ca m'a fait bizarre... Ca m'a accaparé l'esprit pendant une bonne partie du film.

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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 08:35

 

POUND OF FLESH d'Ernie Barbarash (2015)

 

Ayé, le Van Damme nouveau est arrivé, et est disponible sur Netflix. Grand fan du comédien ( je vous renvoie à ma bafouille ICI ) je ne pouvais passer à côté de son dernier DTV, en attendant de le découvrir dans un registre encore sous exploité chez lui, la comédie, dans une série produite par Ridley Scott au pitch excitant. La présence d'Ernie Barbarash n'avait rien de réconfortant, surtout pour un DTV, puisque les deux compères ont déjà officié sur 6 Bullets (pas vu) et surtout Assassination Games, qui se laissait regarder  pour la sieste.

Visuellement hideux, encore un effet "sous production d'europe de l'est" (alors que ça se passe dans les Philippines...), ce qui rend plus risible  la motivation de la défunte femme du frère de Jean-Claude, qui serait tombée sous le charme de la ville...

Montage catastrophique, mise en scène de demeuré,  on a même droit à un hommage involontaire à Terrain Miné, où jean -claude semble se regarder lui même par la grâce d'un enchaînement maladroit de deux plans.

Si Assassination Games pouvait au moins avoir quelques affrontements avec Scott Adkins qui étaient d'un niveau supérieur, ici, c'est du travail de doublure, filmée à la vas- y comme je te pousse, sans doute à l'arrache... Et pourtant! Je l'ai regardé ( en deux fois, certes) sans trop m'emmerder. Parce que Van Damme continue à exercer un immense pouvoir de fascination, même diminué, et j'avais envie de connaître le fin mot de l'histoire.

Ce qui m'a surpris, c'est le ton très sérieux, voire sentencieux, alors que le pitch était des plus rigolos ( en gros, on lui a volé son rein, et il va tout faire pour le récupérer.).

Il y a un personnage secondaire qui est assez marrant, un vieux mafieux chinois désormais rangé du bon côté, et qui aide Van Damme. Il passe toutes les scènes à passer des coups de fil.

Quand il téléphone pas, il joue avec le téléphone, ou va se servir un café et piquer dans le frigo.

Il est marrant ce chinois, Aki Aleong, 81 ans, une carrière remplie de petits rôles (il jouerait dans Le grand Tournoi, toujours pas vu à l'heure actuelle).

 

 

 

L'histoire est assez gravos, avec cette femme qui aurait aimé Van Damme, puis son frère, puis est retournée coucher avec Van DAmme, serait tombée enceinte de lui, pour finalement retourner avec le frère...  Sans compter l'apparition de la putain,  qui ressemble à cette  défunte femme, qui couche avec VAn DAmme , et quand ce dernier casse sa pipe, elle couche avec le frère.

Il aurait dû jouer les deux rôles; ça aurait été plus simple.

Les acteurs font ce qu'ils peuvent pour donner de l'épaisseur aux personnages, Darren Shahlavi, très convaincant en méchant de DTV stéroïdé et camé a donné sa vie au film, qui lui est dédié.

Je ne peux pas me résoudre à être méchant sur ce film, qui semble avoir été exécuté à la va vite, pour honorer un contrat ou profiter d'un lieu de tournage ( heu... la boite de nuit?).

Ci-dessous, une capture d'écran témoignant que les détourages sur fonds verts ont été supervisé par Kévin Lapetouille, stagiaire en infographie en première année.

 

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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 21:47

Bonne année à toutes et à tous!

 

Et quoi de mieux pour commencer l'année que de claquer son (maigre) revenu dans des blu-rays?

Et bien ça y est, j'ai craqué pour l'intégrale X-files... Et je le dis de suite: ACHAT INDISPENSABLE . La différence qualitative saute aux yeux, ne serait-ce que pour la différence de format. Attention, j'aime beaucoup le format 4:3, mais dans le cadre d'X-Files, le format 16: 9 a toujours été plus adapté ( et qui était la norme à partir de la saison 6, si j'ai souvenance).

 

C'est simple, on a regardé (avec ma femme, j'aime partager) les deux premiers épisodes, projetés sur le mur du salon; et c'est absolument inouï: la profondeur des noirs dans la séquence nocturne qui ouvre le pilote, la définition qui nous fait redécouvrir tout autrement les images ,  on apprécie d'une autre façon le travail sur les cadres, l'éclairage... J'ai presque envie de réevaluer l'épisode dans sa facture formelle, même si quelques stocks shots ( comme un avion en plein vol), quelques redites dans le dialogue après un fondu au noir (pour une coupure pub manifeste) trahissent l'âge de ce pilote (plus de 20 ans!).

Même au niveau du son, c'est excellent.

On s'était même dit que c'était chouette cette série qui offrait un casting vraiment novateur;dans ses personnages secondaires, qui avaient une gueule de la vie de tous les jours ( surtout à partir de GORGE PROFONDE). Revoir la série sur grand écran, c'est retrouver cette claque visuelle, ces mouvements de caméra précis, alertes et au service d'une histoire ( l'ouverture de GORGE PROFONDE, un cas d'école), une patte cinéma qu'on ne trouve pas forcément dans toutes les séries actuelles ( hormis Breaking Bad ou Walking Dead. Même Dexter n'est pas aussi poussé).

 

Sinon, découverte de MISSION IMPOSSIBLE ROGUE NATION. Une réussite totale assurée par McQuarrie, décidement en osmose avec Tom Cruise, puisque c'est leur cinquième collaboration après WALKYRIE, EDGE OF TOMORROW, MISSION IMPOSSIBLE PROTOCOLE FANTÔME (pour le scénario) , JACK REACHER et donc ce nouvel opus de l'agent Ethan hunt pour la réalisation.

Les M:I se suivent et ne se ressemblaient pas jusqu'au troisième inclus, qui marque l'arrivée décisive de J.J Abrams à la réal. Il restera co-producteur de la franchise , et on garde une certaine unité visuelle, même si Brad bird avait clairement imposé sa patte sur le quatrième par son humour; et sa mise en scène tout en mouvement ( héritée de ses films d'animation). Le film était quand même clairement influencé par le 3, avec l'ombre écrasante de la romance entre Cruise et Monaghan, dont on a du mal à oublier et que le scénario tentait d'évacuer avec maladresse.

Ici, on fait table rase du passé (la femme de Hunt n'est plus évoquée), c'est un gros ride absolument jouissif, des cascades ébourriffantes (si Mad Max fury road n'était pas sorti la même année, j'aurai dit que c'était le meilleur film d'action de 2015), un soucis constant de proposer un vrai film populaire qui ne se fiche pas de son public, généreux, sincère, et maîtrisé.

Alors certes,  le méchant n'est pas aussi mémorable que Philipp Seymour Hoffman et  je préfère toujours le premier, qui restera définitivement à part.

A part pour son ton , très noir, pervers ( comment les scénaristes ont malmené Jim Phelps, le héros de la série, impensable aujourd'hui! On sent la patte Robert Towne, le mec derrière Chinatown quand même), son morceau de bravoure tout en silence, et le fait que c'est totalement un film de Brian DePalma.

Le John Woo annonçait déjà un ton beaucoup plus léger, avec un Ethan Hunt en chevalier servant qui ne jure jamais, toujours prompt à aider ses amis.

Malgré mes réserves pour le second, une saga très recommandable, sans doute la dernière à assurer la qualité d'un cinéma populaire disparu. Quoi de plus normal, avec sans doute la dernière star hollywoodienne issue des années 80/90 à continuer d'être au top avec le même niveau d'exigence,  une filmo où les fautes de parcours sont rarissimes . Un cas passionnant.

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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 12:05

C'est la fin de l'année!

Elle a pué du cul cette année. Mais question cinoche, j'ai découvert des tas de films qui m'ont emballé. Pas forcément des films très récents.

Voici donc un TOP 10 audiovisuel, où je mèle, film, série, et jeux vidéos.

Je ne mets pas , bien entendu, les oeuvres déjà découvertes.

 

1. FARGO saison 1

 

2. LE TRESOR DE LA SIERRA MADRE

 

3.THE HONESMAN

4.BALADE ENTRE LES TOMBES

 

5. UNIVERSAL SOLDIER 3.

 

6. LA CHEVAUCHEE DES BANNIS

 

7.MAD MAX FURY ROAD

 

8.GTA V

 

9.CONVERSATION SECRETE

 

10.BETTER CALL SAUL.

et un petit joker s'il vous plaît pour distinguer Dersou Ouzala et Antoine et Antoinette.

 

Un peu plus bas, la liste exhaustive de tous les films vus. Quand il ne s'agit pas d'une première vision , je le précise. Je mets en gras tous ceux que j'ai adoré, ou beaucoup aimé. Les non-gras ne sont pas forcément mauvais.

J'ai fait une petite quotation à la mad movies: 0: Nul. 1: Très mauvais. 2: mauvais. 3: moyen. 4: pas mal. 5: très bien. 6: chef d'oeuvre.

Comme j'ai tenu régulièrement mon blog, chaque film a été chroniqué. Vous pourrez donc facilement retrouver le texte (et le contexte) du film , en tapant le titre dans la zone de recherche.

Sauf pour Three Stooges des frères Farrelly, et surtout, pas de Star Wars : le réveil de la force.

Mais on s'en fout, c'est pas comme si c'étaient de grands films.

 

 

SABOTAGE (2014) de David Ayer 0

L'AMAZONE AUX YEUX VERTS (1944) d'Edwin Marin 3

LA SORCIERE SANGLANTE (1964)d'Antonio Margheriti 3

LES BRASIERS DE LA COLERE (2013)de Scott Cooper 5

SNOWPIERCER de Bong Joon Ho (2013) 4

HUGO CABRET de Martin Scorsese (2011) 4

THE GAME de David Fincher (1997) 5

GET LOW d'Aaron Schneider (2009) 5

YOU KILL ME de John Dahl (2007) 3

COUPS DE FEU DANS LA SIERRA de Sam Peckinpah (1962) 6

LA PERMISSION DE MINUIT (2011)de Delphine Gleize 4

BRANNIGAN (1975) de Douglas Hickox 3

LE POULPE de Guillaume Nicloux (1998) 4

ANTOINE ET ANTOINETTE (1947)de Jacques Becker 6

LES GRANGES BRULEES (1973) de Jean Chapot 4

POLICE PYTHON 357 d'Alain Corneau (1978) 5

JOE de David Gordon Green (2014) 5

BIRDMAN (2014)d'Alejandro González Inárritu 2

MAMA (2013) d'Andres Muschietti 4

LA MENACE d'Alain Corneau (1977) 4

EXPENDABLES 3 (2014)de Patrick Hughes 1

FREDDY SORT DE LA NUIT (1994) de Wes Craven 3

LE PLUS BEAU METIER DU MONDE (1996) de Gérard Lauzier 4

INSIDIOUS de James Wan (2011) 4

IMPOSTURE de Patrick Bouchitey (2005) 4

DERNIER RECOURS de Walter Hill (1996) 2

PROPHECY de Gregory Widen (1995) 3

SIDEWAYS d'Alexander Payne (2004) 5

TRAFIC MORTEL d'Isaac Florentine (2008) 3

UNIVERSAL SOLDIER de Roland Emmerich (1994) 2

PHONE GAME de Joël Schumacher (2002) 3

ASSASSINATION GAMES (2011) d'Ernie Barbarash 2

ENEMIES CLOSER de Peter Hyams 2

UNIVERSAL SOLDIER: REGENERATION de John Hyams (2009) 5

EDGE OF TOMORROW de Doug Liman (2014) 4

RHAPSODIE EN AOUT d'Akira Kurosawa (1991) 4

TOKAREV Paco Cabezas (2014) 2

WELCOME TO NEW YORK. (Abel Ferrara.2014) 2

TU SERAS MON FILS (Gilles Legrand.2010). 4

DATE LIMITE de Todd Philipps (2010) 3

BALADE ENTRE LES TOMBES (de Scott Frank, 2014). 5

MATCH RETOUR. Peter Segal (2014) 3

L'APPÂT. Bertrand Tavernier (1995).5

STEACK. de Quentin Dupieux (2007). 4

DERSOU OUZALA d'Akira Kurosawa (1975) 6

BON A TIRER. Frères Farrelly (2011) 4

MAD MAX FURY ROAD (George Miller 2015) 6

LA LOI DU MARCHE (Stéphane Brizé, 2015) 4

VICE VERSA/INSIDE OUT .(Pete Docter, 2015) 6

CONVERSATION SECRETE (Francis Ford Coppola, 1974) 6

LA POURSUITE INFERNALE de John Ford (1946) 4

21 JUMP STREET (2012) de Phil Lord et Chris Miller . 4

TOUCHEZ PAS AU GRISBI De Jacques Becker (1953) 4

L'ETE MEURTRIER De Jean Becker (1983) 5

ROLLING THUNDER de John Flynn (1977) 3

PACTE AVEC UN TUEUR (1988) de John Flynn. 4

TERMINATOR GENISYS (2015) d'Alan Taylor. 1

THE HOMESMAN, de Tommy Lee Jones (2014). 6

BLANC COMME NEIGE. Christophe Blanc (2010) 3

LE QUATRIEME HOMME de Phil karlson (1952) 4

LE SPECIALISTE de Sergio Corbucci (1970).3

LE TRESOR DE LA SIERRA MADRE de John Huston (1948) 6

POULET AU VINAIGRE de Claude Chabrol (1984) 3

PORTES DISPARUS de Joseph Zito (1984) 2

LE DESORDRE ET LA NUIT de Gilles Grangier (1958) 5

L'HOMME DE GUERRE de Perry Lang (1994) 4

LE CHAT de Pierre Granier Deferre (1971) 4

THE HOLE de Joe Dante (2010) 4

ZATOICHI de Kenji Misumi (1962) 5

POKERS Justin Steele (2014) 2

PANIC SUR FLORIDA BEACH (1993) de Joe Dante 4

HONDO de John Farrow (1953). 3

AU BOUT DE LA NUIT de David Ayer (2008) .2

LA CHEVAUCHEE DES BANNIS d'André DeToth (1959) 6

SORCERER de William Friedkin (1977) 6

MAMMUTH (Gustave Kervern , Benoît Delépine-2010) 4

LE GRAND SILENCE (Sergio Corbucci 1969) 3

L'EXERCICE DE L'ETAT de Pierre Schoeller 2012 4

BLEU D'ENFER de John Stockwell (2005) 4

FANTÔMES EN FETE de Richard Donner (1988) 2

HOBO WITH A SHOTGUN Jason Eisener (2011) 3

TOP SECRET! de Jerry Zucker, Jim Abrahams et David Zucker (1984) 4

THE FIGHTER de David O Russel (2010) 4

CHEVAUCHEE AVEC LE DIABLE (1999) d'Ang Lee. 4

LE CAS DU DR LAURENT (1957) de Jean Paul Le Chanois 4

RAMPAGE (2013) d'Oren Moverman 2

LA MEUTE de Franck Richard (2010) 1

SICARIO de Dennis Villeneuve (2015) 5

L'HOMME IRRATIONNEL de Woody Allen (2015) 4

SANS PLUS ATTENDRE de Rob Reiner (2007) 4

QUOI DE NEUF BOB? de Frank Oz (1991) 2

ST VINCENT de Theodore Melfi. (2014) 3

STRIPES d'Ivan Reitman (1981) 2

LE GRAND SOIR (2012) de Benoît Délepine, et Gustave Kervern.4

JOE HILL de Bo Widerberg (1971) 5

GONE GIRL de David Fincher (2014) 4

SPECTRE de Sam Mendes (2015) 3

MAIGRET VOIT ROUGE de Gilles Grangier (1963) 3

LE JOUR DE LA COMETE d'Hervé Freiburger, Sébastien Milhou et Cédric Hachard (2014)

AMERICAN SNIPER de Clint Eastwood (2014) 4

AVANT L'AUBE (2011) de Raphaël Jacoulot 4

L'ETOILE DU NORD de Pierre Granier Deferre (1982) 5

L'OURS EN PELUCHE de Jacques Deray (1994) 0

CHINATOWN (revisionnage)de Roman Polanski (1974) 6

RAMBO (revisionnage ) de Peter McDonald (1988) 3

THE THREE STOOGES de Peter et Bobby Farrelly (2012). 3

X-Files I Want to believe (revisionnage)de Chris Carter (2008)

STAR WARS FORCE AWAKENS de J.J Abrams (2015). 3

THE BIG LEBOWSKI (revisionnage) d'Ethan et Joël Coen (1998) 6

LA FOLIE DES GRANDEURS de Gérard Oury (1971) 3

JE TE TIENS TU ME TIENS PAR LA BARBICHETTE de Jean Yanne (1978) 1

NIGHTCRAWLER ( ou Night Call en vf...) de Dan Gilroy (2014) 4

 

SERIES TV

FARGO SAISON 1

BETTER CALL SAUL SAISON 1

HANNIBAL SAISON 1 et 2

FARGO SAISON 2


JEUX VIDEOS

GTA 5

THE EVIL WITHIN

WALKING DEAD saison 1

METAL GEAR SOLID 1

MARIO 64

SUPER MARIO SUNSHINE
INDIANA JONES (snes)

FLASHBACK (snes)

METAL SLUG 3

METAL SLUG X
SILENT HILL DOWNPOUR

 

LIVRES

 

Les Apparences (Gillian Flynn)

Avant le Gel ( Mankell)

La Route du retour (Jim Harrison)

et quelquesde MAIGRET de Simenon, compilés dans une anthologie

 

Voilà, une année chargée donc, et espère en voir autant, si ce n'est plus l'année prochaine. Je pense m'orienter d'avantage vers l'actualité, et sur des origines plus diverses que USA/FRANCE/JAPON. 2016 va aussi marquer le grand retour d'X-Files ( et peut être des lecteurs), bien qu'il va falloir s'armer de patience: je la découvrirai en blu-ray ou vod d'un seul bloc

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22 décembre 2015 2 22 /12 /décembre /2015 13:48

 

Budget: 30 millions $

Recettes US: 20 982. Mondiale: 68 369 $ (source: box office mojo).

 

UNE GESTATION DIFFICILE.

 

L'idée générale du film avait germé entre Carter et Spotnitz fin 2002-début 2003 1

Donc juste après l'arrêt de série.

Le président de la Fox donna son feu vert, mais des problèmes juridiques s'enlisèrent, comme très souvent à Hollywood, des accords financiers ralentirent le processus jusqu'en janvier 2007.

Quand enfin le film est officiellement annoncé, avec une date de sortie ( été 2008), Spotnitz et Carter se remettent au travail: " On a décidé de garder l'enquête qu'on avait imaginée, mais tout le reste a complètement changé. Tellement de temps avait passé que Chris et moi n'étions  plus les mêmes, en tant que scénaristes, qu'en 2003. Les personnages aussi étaient différents. On ne pouvait nier qu'après autant de temps, il fallait porter un regard neuf sur cette histoire".

La grêve des scénaristes étant imminente, il fallait faire vite, très vite. Trop peut être. Qu'on se souvienne comment elle a grandement handicapé des séries phares comme Prison break saison 3, des films comme Quantum of Solace, ou des hybrides comme le téléfilm 24: Redemption, qui servait d'amuse gueule entre la saison 6 et 7.

Le tournage commence donc mi décembre 2007, pour sortir 7 mois plus tard.

 

 

ENTRE DEUX EAUX

 

Si l'idée d'en faire un loner, affranchi de toutes les contraintes de la série était bonne, il n'empêche que le résultat trahit ce sentiment d'incertitude , de phase de transition qui était l'état d'esprit de nos deux scénaristes.

Il y a un sentiment d'isolement , de fatigue, de fausse obstination qui fait peine à voir. Tenaillé maladroitement entre une molle intrigue policière dont Carter semble s'en contre- foutre ou alors complètement à côté de la plaque (on y reviendra), et surtout une thématique plus intimiste concernant nos deux agents,le film entier semble se diviser entre deux directions.

Scission qui se répercute jusqu'au montage , puisque le film va , dans ses moments de tension, proposer l'astuce du montage parrallèle, très courant pour provoquer du suspens.

Sauf que, ce n'est pas toujours pour alterner des plans de victimes pourchassées et du sauveur providentiel. Ca peut être aussi une course de Mulder contre un méchant, alternée avec... des plans de Xzibit qui cherche des papiers dans un bureau.

Malheureusement le film est truffé de "rattrapage" artificiel, trahissant une prise de conscience tardive d'un ensemble très terne, presque monocorde.

L'ouverture du film est à ce titre, très parlante, puisqu'on suit une jeune femme qui rentre chez elle, en pleine nuit. Elle constate qu'il y a des intrus qui rôdent. Agression avortée, fuite désespérée...

En parallèle, on voit une escouade d'agents du FBI, en plein jour, qui retourne la neige dans une grand champs, à la recherche d'un corps, sous l'impulsion du Père Joe qui ne cesse de crier (" C'est ICI!"). L'escouade découvre un bras.

 

 

Le spectacteur moyen fera donc le rapprochement entre l'agression en cours, et la recherche d'un corps, ou d'une parcelle, qui est donc certainement celui de la jeune femme.

Double peine: le suspens est désamorçé, mais en plus, on nous induit en erreur: on apprend plus tard que le bras retrouvé n'est pas celui de la jeune femme aggressée , mais celui d'un homme. Cette confusion dans le sens des images se répercute jusqu'à la thématique principale du film.

Le titre original du film est "I want to believe", qui évoque immédiatement aux fans le poster fétiche de Mulder. Pendant une bonne partie du film, on peut penser que cette phrase résume à elle seule le film. Cette volonté de croire à autre chose; comme la possibilité que ce prêtre déchu puisse avoir les visions des victimes.

Sauf qu'en cours de route, ce dernier lâche un "Don't give up" à Scully, qui ne cessera d'être tourmentée par cette phrase, qui contaminera le sens du reste, notamment ce drame médical , sous- intrigue au final plus intéressant que l'enquête policière- où elle tente le tout pour le tout via un traitement risqué pour sauver un enfant à priori incurable.

Je soupsçonne Carter d'avoir traversé une période difficile à titre personnel (peut être même professionnel, voire toutes les séries tuées dans l'oeuf qu'il a initié depuis l'arrêt d'X-Files) et qui pourrait donner les clefs de ce revirement tardif . Après tout, son chien est mort pendant le tournage, Carter faisant d'ailleurs un caméo avec l'urne de ce dernier, dans le couloir de l'hopital.

 

DEGENERATION

 

Le problème serait excusable si l'intrigue policière avait quelque chose à offrir . L'idée avait germé depuis 2002: une histoire à la Frankenstein, où on redonne un corps neuf à un cancéreux, en lui greffant des petits morceaux ici et là, en fonction des donneurs ( pas franchement volontaires): un bras, une jambe...

Bon, pourquoi pas, Carter et Spotnitz se sont appuyés sur de véritables expériences où des russes avait réussi à greffer une seconde tête de chien sur le corps d'un autre chien.

Sauf qu'en profondeur, les choses se gâtent sur tous les plan.

Le cancéreux qui se voit régénéré , est en fait le mari d'un immigré russe , mariage autorisé par un Etat dont j'ai oublié le nom ( cité par X Zibit, avec une pointe de dégoût).

Ce cancéreux serait une ancienne victime du prêtre pédophile et déchu, d'où les visions télépathiques qui vont bien aider les enquêteurs .

Si déjà notre couple de tueurs gays à la recherche de nouveaux organes n'a aucun intérêt, passablement effrayants, mais surtout stupides et à la dentition douteuse, que dire de ce père Joseph, au look baba cool ( aux faux airs de Paul Greengrass), qui n'évoque ni effroi malgré son crime ( reformulé avec tact par Scully "enculeur d'enfants"), ni empathie?

 

 

 

 

 

On reste à la surface des choses, ce personnage est aussi terne que l'intrigue... Par ailleurs, l'annonce de sa mort ( puisque lui aussi est atteint d'un cancer...) provoque une indifférence bien embarrassante et pour le spectateur, et pour Mulder!

 

Ci-dessus, la réaction de Mulder à l'annonce de Scully de la mort du père Joseph.

 

Et je ne vais pas non plus préciser tous les Deus Ex usés et abusés qui ne cessent de nous sauter à la figure: retenons l'arrivée providentielle de la déneigeuse, en pleine nuit et en plein blizzard , bien pratique pour alerter Scully du danger imminent de Mulder, et surtout, l'arrivée du bon vieux Skinner, qui arrive in extremis pour sauver Mulder d'une décapitation sauvage! Rappelons que son personnage arrive de Washington , et que l'intrigue se base majoritairement en Virginie occidentale. 

Donc il a traversé tous les Etats Unis au volant de sa voiture ...en l'espace d'une journée?

Google et la géolocalisation permettent successivement de résoudre l'enquête et débusquer le nid des méchants. Même un scénariste de Fantomiald n'aurait pas osé.

 

CONSOLATION

Devant ce chienlit; reste t'il quelque chose à se mettre sous la dent?

Et bien oui! D'abord, le plaisir de revoir nos deux agents, cette complicité rare ( et raréfiée, peu de scènes au final entre Anderson et Duchovny) et touchante, un vrai baiser final et le tout enrobé par un score exceptionnel de Mark Snow.

Il faut l'écouter à part, la b.o. de I Want to believe est tout simplement une des b.o qui a le plus tourné dans mon lecteur.

Tour à tour inquiétante, sombre, puis mélodramatique, voire parfois élégiaque, un orchestre puissant, l'ajout de sons electroniques conférants  à certains morceaux un côté  sound design donnent un relief et une émotion absente du film.

L'écoute de la b.o est une promesse d'une expérience de cinéma. Le voir est la constatation que la musique peut parfois sauver des films... parfois non.

Compositeur à la carrière assez étonnante (il a composé pour plusieurs films d'Alain Resnais, grand fan de MilleMium et de Lance Henrikssen!3), Mark Snow  a atteint ici l'apogée de son style.

 

Ensuite, loué soit le chef opérateur Bill Roe, à l'oeuvre depuis la saison 6 de la série. Profitant du cadre particulier du film, et de l'omniprésence de la neige, il apporte au film une qualité visuelle indéniable.

Bref, ce qui pêche, ce n'est pas tant les talents impliqués, mais la clef de voûte du projet; le scénario!

Gageons que le retour de la série via une mini saison retrouvera un meilleur équilibre, avec le retour des meilleures plumes, Glen Morgan, James Wong et surtout Darin Morgan! Vince Gilligan a dû décliner l'offre puisque accaparé par sa série Better Call Saul.

Entre ça, et la sortie de l'intégrale de la série en blu-ray; on n'a pas fini de parler d'X-Files!

 

1 Source "the X-Files de Matt Hurwitz et Chris Knowles, ouvrage de référence édité chez Huginn et Munnin.

2 La production n'a pas suspendu le tournage en conséquence de quoi, le film se tournait sans script, avec des dialogues imaginés par Foster et Craig la veille au soir. Le résultat et le ressenti ( Craig a largement conspué le film dans la presse) ont été tels, qu'à la crise majeure traversée par la MGM pendant la préparation de Skyfall, la production a sagement décidé de reporter le tournage d'une année, avec le résultat que l'on sait.

3.Propos d'Alain Resnais: "J'ai eu un coup de foudre pour la série télé ­Millennium de Chris ­Carter. Le générique m'a transpercé comme un éclair. C'est pour ça que j'ai fait appel à lui pour Les ­Herbes folles." Voir l'interview dans le Figaro en ligne.