Episode 14: Coup du sort **
Titre Original: Theef
Réalisé par Kim Manners. Ecrit par Vince Gilligan, John Shiban & Frank Spotnitz.
Un épisode moyen , qui surfe sur la sorcellerie vaudou , déjà traitée dans la série ( et pour un résultat à peine meilleur , cf "Mystère Vaudou" dans la saison 2), mais qui marque un peu la rétine par ses sorts choquants ( la radiographie de la femme qui va se faire carboniser, le méchant qui perce les yeux d'une poupée pour aveugler Scully). La présence dans le casting de Billy Drago et son physique particulier ( que les fans de Charmed connaissent bien) n'y sont pas étranger.
Abordant au final la question de l'euthanasie, et le droit légitime ou non d'un médecin de la pratiquer, l'épisode loupe le coche d'un trip horrifique palpitant et choquant en alourdissant inutilement le rythme. Mieux vaut se remater Jusqu'en enfer de Sam Raimi .
Episode 15: En Ami ****
Titre Original: En ami.
Ecrit par William B Davis
Réalisé par Rob Bowman
William B Davis rejoint le club des interprètes de la série qui écrit à son tour un épisode plus personnel: ayant toujours regretté son manque de scènes avec Gillian Anderson, Carter lui permet enfin de s'exprimer pleinement. C'est aussi le dernier épisode réalisé par Rob Bowman parti vers d'autres cieux ( Le Règne de feu, Elektra...)
Un voyage introspectif dans lequel il convie Scully à le suivre pour mettre la main sur le remède absolu, celui qui soigne le cancer. L'Homme à la cigarette est mourrant suite à l'opération ratée d'hybridation. Il souhaite offrir un héritage positif à une femme dont il admire les valeurs, lui qui a consacré sa vie à détruire celles des autres.
Malgré le peu de surprises sur la finalité de cette prétendue rédemption, on est touché par ses confessions.
L'Homme à la cigarette est décidement le personnage le plus complexe de la série. Aussi bien destructeur que protecteur, odieux que charmant, non dénué d'élégance mais implacable dans ses meurtres... Scully ( et le spectateur) parvient à discerner une faille chez lui ( comme l'avait déjà montré l'épisode qui lui est consacré exclusivement dans la saison 4).
On apprécie de le voir tout mettre en oeuvre pour gagner la confiance de Scully, où il se débarrasse provisoirement de son allure de triste sire pour se montre un gentleman raffiné . Il lui achète pour l'occasion une robe ravissante, pour un dîner mémorable où Gillian Anderson n'a jamais été aussi belle.
Episode 16: Chimère ***
Réalisé par Cliff Bole. Ecrit par David Amann
Un bon épisode où des crimes interviennent dans une banlieue tranquille. Un corbeau se trouve alors dans les parages. Mulder est convié dans le foyer d’un policier local pour enquêter tandis que Scully est occuppée sur une autre affaire, la disparition de prostituées.
Plusieurs fois X-Files a égratiné l’aspect chaleureux d’une banlieue tranquille, la relative quiétude d’une famille. Le Corbeau est évidement une référence directe à Poe, au spectre de la vengeance et de la culpabilité , bref, un oiseau de mauvais augure comme on dit. L’enquête se suit avec plaisir, et on apprécie les révélations qui se succèdent, jusqu’à la confrontation finale , surprenante On fait directement référence à la Banshee; qui, d'après le folklore gaélique, était "l'esprit d'une femme dont l'apparition annonçait la mort d'un membre d'une famille."
Les fans de Charmed apprécieront la référence.
( Merci à http://thexfiles.unblog.fr/ qui m'a éclairé sur ce point. )
Intermède plus léger du côté de Scully cantonnée à un rôle ingrat de surveillance pour la disparition de prostituées ,dont la solution est aussi grotesque que drôle.
Episode 17: Existence *
Titre Original: All Things
Ecrit et réalisé par Gillian Anderson.
Dans mes souvenirs, avec Vampires, c’était un des épisodes les plus pénibles. Gillian Anderson a écrit et réalisé cet épisode, rejoignant ainsi le cercle des comédiens de la série qui ont voulu apporter leur sensibilité.
Bon, il est délicat cet épisode : d’abord, on a le pré-générique le plus court de la série. Normal, c’est juste pour dévoiler que Scully a passé la nuit avec Mulder. Enfin. Sept ans pour coucher, mais on sait que l’affection amoureuse entre ces deux là a dépassé depuis belle lurette le simple attrait physique.
Le reste de l’épisode est un retour en arrière sur les 70 heures précédentes. On pourrait croire qu’il serait consacré au rapprochement Mulder-Scully mais il n’en est rien. Alors que Mulder propose d’enquêter sur le phénomène des crocs circles en Angleterre, Scully décline pour lever le pied.
Et son week end de repos va être bouleversé par le retour de son ancien amour de jeunesse : son vieux professeur malade, dont la liaison a eu des répercussions difficiles sur la famille de ce dernier.
Déjà, j’ai du mal à accepter d’imaginer Scully étudiante coucher avec ce vieux beau sorti d’un épisode d’Amour , Gloire et Beauté. Mais c’est sans compter toutes les séquences New Age où la spiritualité, le bouddhisme , le Feng Shui, et tous ses remèdes naturels sont évoqués dans un salmigondis qui ne fonctionne pas du tout. De plus, la chanson qui revient régulièrement , illustre des ralentis pathétiques qui ressemblent plus à des clips : Scully qui marche au ralenti dans les rues, au milieu de quidam.
Sans compter la vision divine, où apparait le vieil amant, nu, dans un trip embarrassant . Mais sans compter sur l’élément le plus grotesque de tous : Scully a plusieurs fois la vision d’une jeune femme aux cheveux longs, qui court en casquette. A la fin, elle se décide à la rattraper pour savoir qui c’est.
La femme mystérieuse se retourne, et la vision s’estompe pour laisser place à Mulder.
D’un ridicule achevé mais assez amusant, voire touchant tant les intentions de Gillian Anderson semblent sincères, on n’a de cesse pourtant de regretter d’être resté aux basques de Scully, au détriment de l’enquête de Mulder et ses crops circles.
Episode 18: HOLLYWOOD ***
Ecrit et réalisé par David Duchovny
Un loner plus léger puisque nos deux agents doivent accepter la compagnie d'un scénariste hollywoodien lors d'une de leur enquête. Ce dernier s'inspire du duo pour son prochain film; qui sera interprété par Gary Shandling dans le rôle de Muler, et Tea Leoni pour Scully. Egratinant gentiment le milieu très narcissique et superficiel d'Hollywood , avec sonneries intempestives de téléphone portable à des moments critiques ( découverte d'un cadavre, investigation etc...), amour du décor en carton pate dès qu'on entre dans le film fictif qui rappelle un peu le clip ringard de Body Double de DePalma, l'épisode parvient à émouvoir de façon étonnante quand tous les personnages de l'épisode se retrouvent au cinéma pour apprécier-ou non- le film qui leur a été consacré. Par ailleurs, on croise parmi les spectateurs le créateur de la série himself, Chris Carter.
On pense évidemment au final d'Ed Wood de Tim Burton, d'autant plus que Mulder visionne à un moment Plan 9 From outer space , film qu'il regarde pour se vider la tête "tellement c'est nul". L'épisode fourmille d'idées aussi bien scénaristiques que visuelles ( le split screen quand nos deux agents téléphones dans leur bain, puis l'appel de Skinner, lui aussi dans le bain, la danse d'un squelette en CGI ). Les calembours ringards dignes d'une superproduction faisandée sont légions ( "Est ce que c'est ta torche ou la joie de me voir?") ;Bref, c'est rythmé, inventif, touchant, à l'image de ce qu'aurait dû être cette saison en demie teinte qui semble se rattraper in extremis.
Episode 19: Nicotine ***
Réalisé par Kim Manners. Ecrit par Steve Maeda & Greg Walker
Ca commence dans une ambiance à la Révélation, superbe film de Michael Mann d’après une histoire vraie, où des employés d’un géant du tabac souhaitaient dénoncer le scandale des manipulations chimiques qui rendaient accros les fumeurs. Mais c’est un épisode d’X-Files, donc on va apprécier les écarts horrifiques : les victimes sont ceux qui subissent la fumée, leurs poumons allant être envahis d’insectes qui germaient dans les cigarettes.
Réalisation inventive de Manners ( autopsie vue à travers le reflet des lunettes de Scully), séquences chocs ( dont la chirurgie de Mulder, où on aspire toutes les larves qui encombrent sa gorge), interprétation remarquable ; notons la présence de Tobin Bell, inoubliable Jingsaw des Saw, qui apporte son timbre et son regard particulier dans plusieurs séquences. Le comédien a décidement une aura de mort tout autour de lui.
Episode 20: Doubles ***
Titre Original: Fight Club
Réalisé par Paul Shapiro. Ecrit par Chris Carter
Considéré par les fans comme l'un des plus mauvais de la série, j'ai en revanche beaucoup apprécié l'idée.
Deux jeunes femmes identiques, mais ne se connaissant pas, provoquent une montée de violence dans les alentours où elles se croisent.
Exploitant l'idée que nous avons tous un sosie quelque part, en le poussant à l'extrême, un épisode bien rythmé, amusant, dans lequel un catcheur sur le retour sort avec les deux filles, et provoquant ainsi un mini cataclysme dans la petite ville où se déroule l'intrigue. L'épisode va jusqu'au bout de son concept , car le prégénérique dévoile deux similis Mulder/Scully, très ressemblants, mais pas tout à faits identiques ( incarnés par les deux doublures officielles de Duchovny et Anderson, mais avec les véritables voix des comédiens pour renforcer l'ambiguité). De plus, le comédien qui incarne le catcheur est très bon, gueule cassée au muscle un peu flasque, qui de prime abord inquiète , pour au final révéler que c'est un loser au coeur d'artichaud. Divertissant, moi je valide.
Episode 21: JE SOUHAITE ****
Titre original: identique.
Réalisé et écrit par Vince Gilligan.
Un loner tout aussi léger et encore plus réussi. Dans un entrepôt, la découverte d'une djinn qui exerce trois souhaits. Présente depuis des siècles et ayant influencé la carrière d'hommes au destin divers ( un harder, Mussolini...), elle se trouve cette fois à exhaucer les souhaits d'un abruti et son frère handicapé non moins limité intellectuellement. Sans compter qu'à chaque souhait, le revers de la médaille.
Très drôle, rythmé, on apprécie le ton à la limite du Dr Slump quand le frère obtient son don d'invisibilité ( pour déboucher sur la même catastrophe que le manga), et un maquillage qui rappelle Les Aventures d'un homme invisible de John Carpenter ( superbe effet spécial au demeurant, quand Scully applique une poudre jaune pour pouvoir identier le visage).
Le frère n'est pas en reste, qui songe en premier lieu à avoir un fauteuil roulant en or massif plutôt que de récuperer ses jambes. Mulder, va lui avoir un souhait plus noble en demandant la "paix dans le monde" pour une séquence étonnante et qui marque durablement les esprits.
La comédienne qui joue la djinn est très bien, entre douce ironie, et caractère blasé sur les besoins égostes des humains.
Vince Gilligan, une des meilleures plumes de la série ( qui aujourd'hui cartonne avec Breaking Bad) se lance dans la réalisation avec succès. Et comme c'est un putain de scénariste, il exploite son idée à fond, si bien qu'on a un sentiment de satiété à la fin de l'épisode, à la fois ludique et réfléxif. Si Retour vers le Futur 1 et 2 sont les films les plus complets sur les paradoxes temporels, cet épisode est le plus abouti sur tous les délires autour d'un génie qui exhauce trois voeux. J'ai dit! A noter, le commentaire audio de Gilligan disponible en bonus sur le dvd.
Episode 22: REQUIEM ****
Réalisé par Kim Manners. Ecrit par Chris Carter.
Dernier épisode de la saison, et ni plus ni moins la fin d'une ère puisque Duchovny n'apparaitra que sporadiquement dans les saisons 8 et 9.
Pendant la réalisation de cet épisode, Carter ne savait pas si la Fox renouvellerait pour une saison, l'audience n'ayant cessé de se détériorer. Il fallait donc un final satisfaisant, mais suffisament ouvert pour laisser suggérer que l'aventure continue.
Cet épisode bouleverse à plus d'un titre: d'abord Mulder et Scully (dans leur dernière enquête en tandem) revisite les lieux de leur toute première aventure (le pilote de la saison 1). On y retrouve par ailleurs certains personnages de ce pilote, dont deux ados qui sont depuis devenus de jeunes adultes. Sept années ont passées depuis ( et presque un an où j'ai entamé ces chroniques sur mon blog). Les sentiments entre nos deux agents sont plus prégnants encore, mais Carter a eu le génie de garder une certaine pudeur . Ce qui fait que le moindre rapprochement tactile, comme un enlacement , devient très touchant.
Ensuite, Skinner va enfin voir de ses propres yeux un événement inouï qui va bousculer ses certitudes. Et voir un type costaud comme lui, pragmatique, peu prompt à croire aux histoires paranormales , dont les convictions vont se fissurer; a quelque chose de bouleversant. Pour marquer le spectateur, il faut le sidérer. Et s'il a suffisament d'empathie pour ses personnages, il partagera leurs sidérations.
Et Carter, va enquiller les moments de sidérations au coup par coup: L'enlèvement de Mulder, Skinner qui découvre l'ovni, la mort de l'homme à la cigarette ( encore) et , à l'image d'un boxer qui assène son dernier coup pour un K.O, la révélation de la grossesse de Scully. Cut, générique de fin.
Sublime.
Bilan de la saison: Mi figue mi raisin. Les ratés sont plus nombreux, et surtout, on sent une certaine répétition qui est le premier danger de cette série qui n'hésite pas à se photocopier ( c'est le problème dans une série qui cumule plus de 20 épisodes par saison). Maitreya, Existence, La Morsure du mal sont parmi les plus mauvais de la série qui ne s'était sévèrement loupé qu'une seule fois ( vous vous souvenez de l'épisode les Vampires?).
Ensuite, on a du mal à pardonner le demi échec de Millenium , qui se devait d'être électrique.A défaut d'apocalyptique. Pourant, il subsiste quelques perles, notamment Délivrance et Requiem, dont rien que les titres évoquent la fin d'une ère.
Et puis, encore et toujours, ces loners magnifiques, En Ami, Je Souhaite , Hollywood... La série a cumulé des épisodes très décalés de façon plus soutenue que d'habitude ( X-Cops), malheureusement on reste à plusieurs coudées en dessous de ce que les premières saisons nous ont offertes dans leur moments dingues ( Le Seigneur du Magma, la Guerre des Coprophages, etc...).
Bref, la déception est surtout dûe au très haut niveau des saisons précédentes et comme Carter et son équipe sont des gens qui se remettent en question, quittes parfois à se mettre en danger, le changement radical opéré avec la saison 8 va s'avérer très bénéfique .




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